À propos

Comprendre ce qui se joue dans les situations de vulnérabilité et d’incertitude, dans les expériences des personnes comme dans les pratiques de celles et ceux qui les accompagnent, et dans leurs relations avec les institutions constitue le fil rouge de mon parcours de recherche.

Mes travaux portent sur les relations entre institutions, pratiques professionnelles et expériences des personnes dans les champs de la santé, du soin et, plus récemment, du droit et de la protection. J’analyse la manière dont les dispositifs institutionnels façonnent les trajectoires et les situations de vulnérabilité, mais aussi la façon dont les personnes, les professionnels et les collectifs composent avec ces dispositifs, les négocient, y résistent parfois et développent des réponses aux besoins concrets des personnes.

Depuis ma thèse consacrée à la fabrique des réseaux de cancérologie, je travaille sur l’articulation entre organisations et dispositifs institutionnels, d’une part, et pratiques, interactions et expériences vécues, d’autre part (niveaux méso et micro de l’analyse sociologique). J’étudie la manière dont les politiques publiques et les outils de coordination se traduisent, se transforment et prennent forme dans les pratiques et les situations concrètes. Cette approche permet d’analyser les décalages entre les dispositifs tels qu’ils sont conçus et leur mise en œuvre dans les situations ordinaires, mais aussi de mettre au jour des pratiques peu visibles, développées par les acteurs de terrain et les personnes concernées.

Mes recherches récentes prolongent cette perspective en mettant davantage l’accent sur la vulnérabilité, le care, la reconnaissance, l’accès aux droits, ainsi que sur les usages et les effets du numérique. Elles s’appuient notamment sur des travaux menés sur les maladies chroniques, dont les maladies rares, ainsi que sur la migration et les expériences de personnes en demande de protection internationale. Je m’intéresse particulièrement aux situations dans lesquelles s’articulent enjeux de santé, accès aux droits et accompagnement social, ainsi qu’aux formes de savoir, d’entraide, d’action collective et de résistance qui s’y développent.

Sur le plan méthodologique, mes recherches s’ancrent principalement dans des approches qualitatives et ethnographiques, tout en s’inscrivant également dans des projets interdisciplinaires mobilisant des méthodes mixtes. Je développe des recherches participatives et travaille sur la place des personnes concernées dans la production des connaissances, ainsi que sur les conditions de collaboration entre chercheurs, professionnels, institutions et acteurs de terrain. Je m’intéresse également à l’articulation entre approches qualitatives, quantitatives et computationnelles, notamment pour mieux saisir les usages du numérique et leurs effets sur les pratiques, les expériences et les relations aux institutions.

Mon parcours associe ainsi recherche académique, enseignement, projets interdisciplinaires et internationaux, enquêtes de terrain et engagement citoyen et associatif de long terme, en particulier auprès de personnes en situation de migration et en demande de protection internationale. Je m’intéresse particulièrement aux formes de circulation, de transfert et de mise en pratique des connaissances, notamment dans les dispositifs de formation, d’accompagnement et de pédagogie situés à l’interface entre recherche et terrain.

J’enseigne la sociologie de la santé, de la médecine et de la maladie ainsi que les méthodes qualitatives, en particulier au sein du Master Méthodes en santé publique de l’Université Paris-Saclay.

Je suis actuellement chercheuse associée à l’UR EST (Études sur les Sciences et les Techniques), Université Paris-Saclay.